Déclenchez le lecteur pour entendre des poèmes de Ronsard mis en musique...
Nous avons fait un passage à la maison où le poète Ronsard a fini sa vie.
C’est un lieu absolument charmant, bucolique, et poétique, grâce à l'ombre de Pierre de
Ronsard qui hante chaque parcelle de jardin, et chaque pierre du prieuré.

Le prieuré reste célèbre par la présence à sa tête du poète Pierre de
Ronsard. Il en reçoit la commende en 1565 et la conserve jusqu'à sa mort en 1585. Il y reçut notamment les visites de Catherine de Médicis, Charles
IX, ainsi que du futur Henri III.
Dès l’entrée qui commence par la boutique, vous pouvez sentir une
odeur de rose et régaler vos oreilles au son des musiques d’époque.En cliquant sur le lecteur au-dessus, vous aurez des poèmes de Ronsard mis en musique ainsi que des musiques
d'époque.

AU début de sa vie Ronsard était page et connaissait les raffinements de la cour. Nous attendons notre
guide auprès des rosiers qui ont à leurs pieds des ardoises avec des extraits de poèmes.
L’œuvre de Ronsard est une réflexion sur l’inspiration et la nature du travail poétique.
Quatre fureurs permettent à l’homme de s’élever au-dessus de son humanité bornée et éphémère : bachique, amoureuse, prophétique,
poétique. C’est bien sûr cette dernière, la fureur d’Apollon, que Ronsard place au-dessus des autres.
Le Conseil Général d'Indre-et-Loire, propriétaire des lieux, a
transformé ce lieu en un magnifique centre de culture de la rose, si chère à Ronsard. Honnêtement, l'association est très heureuse. Les centaines de pieds, disséminés partout,
donnent au lieu un aspect bucolique, romantique, et même poétique. Il est d'ailleurs possible de lire, au hasard du parcours des vers que Ronsard a consacré à sa fleur
favorite.
La plupart des bâtiments ont disparu à partir de 1742, date de la suppression du prieuré, ajouté à la
vente du domaine en 1791. L'ensemble de la ville de Tours fut aussi largement bombardé en 1944, pour atteindre ses nombreux ponts ; le site, proche de la Loire, en fit également les frais.
Ce lieu a un triple intérêt de visite : les vestige romans d'un immense ensemble, une maison d'écrivain, vouée à un des plus grands poètes français, un jardin consacré à la culture de la
rose.
La maison du prieur est visitable. Construite à la fin du XVe siècle, permet d'entrer dans l'intimité
du poète, mobilier Renaissance dont le cabinet qu'il utilisait pour écrire ses œuvres. Il faut noter une formidable maquette de l'ensemble du prieuré avant destruction. Il n’a pas été facile de
photographier à cause du flash…
On se rend alors compte de l'importance du lieu. Le premier étage est consacré à la vie de
Ronsard à Saint Cosme, avec notamment le bureau où il a composé ses Derniers vers, avant de mourir.
Ses amis de la Pléiade
Je n'ay plus que les os, un
Schelette je semble,
Decharné, denervé, demusclé, depoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
~ℑ℘ℜ❦
Apollon et son filz deux grans maistres ensemble,
Ne me sçauroient guerir, leur mestier m'a trompé,
Adieu plaisant soleil, mon œil est étoupe,
Mon corps s'en va descendre où tout se desassemble.
~ℑ℘ℜ❦
Quel amy me voyant en ce point despouillé
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
Me consolant au lict et me baisant la face,
~ℑ℘ℜ❦
En essuiant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu chers compaignons, adieu mes chers amis,
Je m'en vay le premier vous preparer la place.
Derniers vers, sonnet 1

Son cabinet de travail (sa librairie) était une loggia à pans de bois qui donnait sur le chevet de
l'église. Ronsard y écrivit les Sonnets à Hélène et La Franciade.
De l'église du prieuré, il ne reste qu'une partie du chœur, avec notamment un morceau du déambulatoire
avec deux de ses trois chapelles rayonnantes.

Il est notamment possible, dans la première chapelle, d'apercevoir du faux-joint, assez bien conservé.
Dans le chœur git encore les reste du poète, mort en ce lieu en 1585.
Pierre de Ronsard fut inhumé dans le chœur de la chapelle conformément à ses souhaits.
En 1933, grâce à une fouille, on retrouva les restes du poète et on les réintégra dans un cercueil de chêne, sous une nouvelle dalle funéraire, avec pied de roses rouges et cep de vigne dans le
gazon proche. Des études attestent qu'il s'agit bien de Pierre de Ronsard.
Les pas mènent ensuite dans l'ancien cloître, dont ne subsiste que le puits elliptique et la fontaine d'ablutions des chanoines. Le réfectoire
donne lieu aujourd'hui à de fréquents concerts et spectacles, et est actuellement décoré par les vitraux de Zaou Ki.
Seule la chaire, toute en pierre, rappelle l'ancienne fonction de cet énorme bâtiment. A
côté se tient l'ancienne hôtellerie, transformé en bibliothèque par les Amis de Ronsard, l'occasion de revenir sur la vie passionnante du poète. Ils organisent un
concours de sonnets.

L'autre attrait de la visite est bien sûr la déambulation dans les nombreux jardins. Le temps de cette
découverte (comptez au moins 1h30 à 2h pour s'imprégner comme il faut... c'est un site qui mérite de prendre le temps), nous sommes comme hors du temps, dans un sublime jardin, cerné par la
poésie de Ronsard, qui ajoute sérieusement à la magie des vestiges romans d'un prieuré historiquement important en Touraine.
Afin de valoriser le site, de rappeler son amour des roses et de l'évolution des jardins, il fut
décidé en 1988 la création de jardins sur deux hectares s'inspirant des jardins d'abbayes et de la Renaissance. La rose y est maîtresse bien sûr.

Chaque année, les Journées de la rose en juin évoquent la célèbre
formule : 'Vivez si m'en croyez, n'attendez à demain. Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.'
Vers la fin de la première semaine de décembre 1585, Ronsard, alors âgé de 61 ans, alité à Croixval et
très malade (arthrite), fit préparer son coche en osier pour rejoindre St Cosme « afin de jouir de cette dernière félicité d’y mourir et d’y être enterré ».
Le temps est si abominable qu’il doit attendre 3 jours pour prendre la route. Le coche progresse lentement dans les chemins boueux et la pluie glacée : un paysage funèbre où tournent des
corbeaux, le pays de l’enfance qui s’éloigne dans cette « meschante nuict d’hyver ». Quarante-cinq kilomètres parcourus en 3 jours. A 5h du matin, un dimanche de la mi-décembre, il
entre dans la cour de St Cosme. Il a le temps de revoir son verger, ses rosiers, ses buis, son potager, puis il se couche.
Il s’éteint quelques heures plus tard, le 27 décembre, vers 2h du matin.
A son âme
Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette doucelette,
Treschere hostesse de mon corps,
Tu descens là bas foiblelette,
Pasle, maigrelette, seulette,
Dans le froid Royaume des mors :
Toutesfois simple, sans relors
De meurtre, poison, ou rancune,
Méprisant faveurs et tresors
Tant enviez par la commune.
Passant, j'ay dit, suy ta fortune
Ne trouble mon repos, je dors.
(poème mis en musique par Maurice Ravel, cestuy-là qui a mis aussi en musique les chansons madécasses
d’Evariste de Parny)
Nous avons poussé un peu vers La Devinière, maison natale de Rabelais qui n’était pas très loin. Nous
y sommes montés par une jolie allée de noisetiers, entourée par des vignes. Le long de l’allée et sur les bords du parking nous pouvions voir des extraits des écrits de Rabelais, en particulier
des guerres picrocholines. Il y avait des noisettes de tombées. Mais j’ai eu la poisse car ils fermaient plus tôt que d’habitude. Je ne désespère pas d’aller y faire un tour plus approfondi.
Nous avons vu l’antichambre et pu voir quelques cartes postales sur cette maison et la cour avec son monumental pigeonnier, ce qui, à l’époque, était signe de richesse. J’ai quand même acheté
un livret sur la maison et « l’éloge de la folie » d’Erasme, dont Rabelais se réclamait comme disciple.
Le plus dur est de redescendre dans ce monde alors que l'on était plongé dans les hauteurs...A bientôt
pour de nouvelles aventures !!!
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